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Alternances

Alternance virtuelle

De nombreux Djembéfolas, amateurs ou confirmés, pratiquent plus ou moins consciemment cette technique, qui consiste à battre des bras de façon alternée et régulière, les coups étant portés (frappes réelles) ou non (frappes virtuelles). Lorsque l'un des bras descend, l'autre remonte simultanément. Voici par exemple les "doigtés" correspondant à l'alternance virtuelle appliquée au premier accompagnement de Söliwulén (pour un droitier)

Au bout d'un certain temps, tous ces battements en l'air deviennent fatigants... Il est temps de les supprimer, tout en gardant la même latéralité pour les frappes exprimées : c'est l'alternance virtuelle simplifiée. La main qui ne frappe pas est alors disponible pour d'éventuelles "chorégraphies", car il ne faut pas oublier que la percussion est aussi un spectacle !

Le principe de l'alternance réelle est simple : changer de main pour chaque nouvelle frappe. Voici ce que cela donne sur le même exemple que précédemment :

  • un inconvénient : la précision rythmique ne pouvant plus s'appuyer sur la régularité gestuelle, il faut donc "jouer avec les oreilles", ce qui demande plus de concentration; ceci dit c'est un excellent exercice justement pour cette raison...
  • un avantage appréciable : l'économie de mouvements qu'elle représente permet de jouer plus vite et plus longtemps ! Pour s'en convaincre il suffit de jouer le motif suivant (Wasulunké) des trois façons indiquées ci-dessus et de comparer...

L'alternance réelle est particulièrement recommandée lorsque l'alternance virtuelle amène, comme dans le dernier exemple, un surmenage de l'une des mains par rapport à l'autre. Il est recommandé de changer alors la latéralité du plus petit nombre possible de frappes; ainsi, dans l'exemple suivant, on est amené à jouer la basse (premier temps) de la main gauche:

D'après Inza DIABATE, cette manière de le jouer est celle des MARAKA. Mamady KEÏTA l'enseigne en alternance virtuelle...

En ce qui concerne l'exemple du premier accompagnement de Söliwulén, où il n'y a pas de déséquilibre, le choix semble libre, mais Mamady KEÏTA l'enseigne en alternance réelle, par souci du respect de la tradition ("c'est comme cela que les anciens l'ont inventé").

Un problème se pose lorsque le nombre de frappes du motif est impair : si l'on choisit l'alternance réelle, le rythme change constamment de latéralité ! On a donc le choix entre "tricher" en appliquant une pseudo-alternance réelle associée à un "principe de répétition", ou appliquer l'alternance virtuelle simplifiée. Ainsi, le "passeport quaternaire":

  • "d , , g d , d g d , , g d , d g " par Mamady KEÏTA et Famoudou KONATE (entre autres)
  • "d , , d g , d g d , , d g , d g " par Amara KANTE (par exemple)

Chacun peut maintenant choisir en connaissance de cause...